Clémence : "J'ai choisi de ne pas choisir"



Membre du pôle France Jeunes de Wattignies en Escrime (fleuret) et sélectionnée pour représenter la France en coupe du monde moins de 20 ans, Clémence est également en classe préparatoire BCPST au lycée Faidherbe.

Une situation quasi-unique : là où tous choisissent entre le pôle et ses entraînements inspirés du sport professionnel (1 à 2 séances d’entraînement quotidiennes) et la classe préparatoire et son exigence aiguë, Clémence a fait un choix inédit : prouver que le sport de haut-niveau est un vecteur majeur d’excellence académique et que ces deux orientations loin d’être irréconciliables, forment un cercle vertueux de réussite et

d’opiniâtreté.


Tout a commencé pour Clémence lorsqu’elle intègre le CREPS de Wattignies à l’âge de 15 ans pour y effectuer une scolarité en escrime-études : « Au lycée, nous avions 3 matinées par semaine de libre pour nous entraîner plus bien sûr les entraînements chaque soir après les cours. » Un rythme difficile auquel Clémence s’adapte au

mieux. Elle finira son lycée dans de belles dispositions avec un baccalauréat scientifique mention très bien et de nombreuses sélections en coupe du monde.

Cependant, « l’exigence monte d’un cran en moins de 20 ans puisqu’il n’y a plus que 10 sélectionnées en coupe du monde au lieu de 20 en moins de 17 ans. De plus, si je voulais réussir en classe préparatoire, il fallait également que je hausse mon niveau de travail et de rigueur. » Un défi de taille à relever donc.


En première année de classe préparatoire, Clémence disposa de quelques aménagements : « On m’a dispensé des projets de groupe (TIPE) et du Français que je rattraperai pendant l’été . » Cette année fut notamment difficile sur le plan mental : « Un sportif de haut-niveau en classe préparatoire ne s’étant jamais vu, il est vrai que l’on

avait tendance à oublier ma situation et j’avais une pression importante à supporter. Mes résultats scolaires étaient corrects. J’avais par contre du mal à gérer le stress inhérent à ce double-projet. Cela se ressentait dans mon escrime où j’arrivais moins à me libérer. »

Clémence tira les enseignements de cette expérience et décida cette année d’innover et de scinder sa cruciale seconde année de classe préparatoire en 2 années.

Choix aux effets immédiats car en plus de se maintenir dans la première moitié de la classe, Clémence a accédé récemment au top 8 français et gagné sa sélection en coupe du monde moins de 20 ans. Une première pour elle : « Je suis très heureuse mais ce n’est qu’une étape qui demande confirmation. Il y a encore beaucoup à faire. Je

dois redoubler d’efforts pour rester au contact de la tête de classe au lycée et gagner en régularité en escrime. »

Quand on lui demande si elle n’a pas peur d’être submergée, de prendre du retard, elle ne se départit pas de sa joie de vivre pour nous expliquer ses choix : « Ma plus grande peur est de regretter. Je ne voulais pas sacrifier l’escrime pour mes études et vice versa. Au moins jusqu’à 20 ans, je veux mener de front ces deux défis ».

Sa réflexion va à rebours de nombre d’idées reçues : « Je ne pense pas que j’aurais pu faire une classe préparatoire si l’escrime et le sport de haut-niveau ne m’avaient pas poussé aussi loin à me dépasser et à exiger plus de moi-même. Ce double-projet m’a appris à avoir un objectif et m’y tenir coûte que coûte sans compromis.

Une réussite à l’escrime me pousse à accentuer mes efforts scolaires et vice versa. »


Quand à ses objectifs, Clémence les voit avec recul et pragmatisme : « J’ai pour objectif d’intégrer le top 4 français et d’être reçue à AgroParis Tech l’année prochaine. Mais je sais que quoiqu’il arrive je m’accrocherai : il y a des voies parallèles notamment à l’université, Scylla m’expliquera tout ça. »

L’équipe Scylla souhaite toute la réussite possible à Clémence car au-delà de son parcours, ce sont sa joie de vivre et sa constance que l’on aimerait transmettre.

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